Pollution du Furan
 

Cette rivière a tout simplement servi d'égout aussi bien pour les foyers que pour les industries. Tous les types de pollution s'y retrouvaient d'abord à ciel ouvert puis, lorsque les nuisances, couleur, odeurs, présence de rats, ont été insupportables, en souterrain.
Voici un extrait édifiant d'une pétition des riverains des quartiers sud-est publiée dans le quotidien Le Stéphanois du 5 mai 1904 :
"Cette rivière noire et nauséabonde mériterait d'être couverte depuis longtemps comme d'ailleurs elle l'a été dans le centre, pour éviter des foyers imminents d'épidémies et de fièvres par suite de toutes sortes de détritus et saletés qui y sont jetés, sans même oublier des cadavres d'animaux, chiens, chats, etc. (même un petit porc crevé il n'y a pas quinze jours) et qui y pourrissent pendant tout un été en dégageant une odeur qui rend le quartier inhabitable".
Le nom même de certains affluents est un indicateur de qualité, le Merdary, le ruisseau des Eaux Jaunes...

Il ne faut pas remonter très loin dans l'histoire pour retrouver cette pollution massive. Deux exemples dont les anciens habitants du quartier se souviennent encore.
Les Papeteries du Valfuret qui, comme leur nom l'indique étaient sur le cours du Furet un peu avant sa confluence avec le Furan, utilisaient quotidiennement de grandes quantité d'eau directement rejetée dans la rivière.
Un peu plus loin, toujours sur le Furet dans le quartier de la Rivière (nom donné justement parce que s'y trouvait le Furet aujourd'hui recouvert par l'autoroute), on trouvait les teintureries Reynard et l'on pouvait "admirer" les variations de la couleur de l'eau au gré des teintures. Nuisance à laquelle il faut ajouter les odeurs écoeurantes des colorants massivement rejetés.
Ensuite, toutes les industries de la ville et tous les foyers, rejetaient leurs eaux usées directement dans le Furan et cette pollution arrivait jusqu'à la Loire.
Il est inutile de dire que les conséquences sur la flore et la faune aquatiques étaient gravissimes. La rivière, en aval de St-Étienne, était devenue abiotique c'est-à-dire qu'aucun être vivant ne pouvait s'y développer. Fort heureusement, ce n'est plus le cas même si le Furan est encore convalescent.